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Jérôme Bosch

Jérôme Bosch est un peintre flamand dont l'œuvre se situe au tournant du XVe et du XVIe siècle, à l'époque où les conflits sociaux étaient à leur apogée et que la religion vivait une crise profonde.

Source: Wikipédia

 

 

Jérôme Bosch est né vers 1450 à Bois-le-Duc ('s-Hertogenbosch, d'une famille modeste originaire d'Aix-la-Chapelle (van Aken = d'Aix-la-Chapelle), venue s'installer aux Pays-Bas deux siècles plus tôt. Son grand-père Jan van Aken et son père Anthonis van Aken ont aussi exercé le métier de peintre.

Épousant en 1480 une fille de riche aristocrate, il est accueilli comme « membre notable » par la confrérie Notre-Dame, association religieuse consacrée au culte de la Vierge, dont il devient naturellement le peintre attitré. Sa vie à Bois-le-Duc se déroule alors paisiblement entre sa femme, son atelier et la confrérie, ce qui n’empêchera pas sa renommée de s’étendre bien au-delà des frontières de son pays natal.

C’est dans ses lectures et dans l’atmosphère d’hérésie et de mysticisme régnant alors, que Bosch puise une inspiration nouvelle, qui lui fait délaisser l’iconographie traditionnelle de ses débuts, pour s’orienter vers des œuvres « sacrilèges » où le religieux se confronte au péché et à la damnation.

 


 

Détail de L'Enfer (volet de droite du triptyque du Jardin des Délices). 

 

L’enfer se mêle au paradis, et le satirique à la morale. On y voit sa préoccupation pour l’humanité corrompue condamnée à l'enfer éternel (triptyque du Chariot de foin v. 1500, musée du Prado, Madrid) pour avoir tourné le dos à la loi divine. L’obsession du péché s’illustre dans les sept péchés capitaux (1475-80, musée du Prado, Madrid), la Nef des fous (1490-1500, musée du Louvre, Paris), le triptyque Jardin des délices terrestres, v.1503-04 (musée du Prado, Madrid), allégorie fantastique complexe, composition de personnages et d’animaux hybrides, comportant de nombreuses références à l’alchimie. Le voyage de Bosch à Venise au début du XVIe siècle, donne une nouvelle dimension à sa créativité, on remarque plus d’espace et de paysages dans Saint Jean à Pathmos (1504-05, Berlin, Gemäldegalerie), Saint Jérôme en prière (v. 1505, Gand, musée des Beaux-Arts) ou les Tentations de saint Antoine (1510, Lisbonne, musée national d'art ancien), œuvres qui montrent l’exemple de la vie des saints comme unique voie de salut.
Détail du volet de gauche du triptyque de Les Tentations de saint Antoine

Vers 1510 apparaît une nouvelle évolution avec les tableaux « à demi-figures », représentations de personnages à mi-corps, placés au premier plan (le Couronnement d’épines, 1510, Madrid Escorial). Bosch mourut en 1516.


Son style est caractérisé par des personnages caricaturaux issus des bestiaires du Moyen Âge. Jérôme Bosch est l'inventeur d'un style repris ensuite par plusieurs artistes, dont Bruegel l'Ancien. Il est reconnu par les surréalistes du XXe siècle comme le "maître" de leur art pendant très longtemps.

 

 

 

La Nef des fous est un tableau peint par

Jérôme Bosch au XVe siècle.

BoschShipOfFools.jpg 

 

Mes interpétations de ce tableau sous formes

d'installations, de dessins et de peintures.

 

 

stultifera navis

 

 

la nef des fous p.1- acrylique sur toile (95x170cm) 2007                la nef des fous d’après Jérôme Bosch 2007                 la nef des fous d’après Jérôme Bosch 2007

images © 2007-09 Copyright David Ciana

 

Contexte

Jérôme Bosch est un peintre flamand dont l'œuvre se situe au tournant du XVe et du XVIe siècle, à l'époque où les conflits sociaux étaient à leur apogée et que la religion vivait une crise profonde. La peinture flamande est fidèle à la tradition religieuse. La réussite de l'œuvre de Bosch n'a sans doute été possible que par la conjoncture du moment alors que les principes modernistes de la Renaissance tels que la découverte de la perspective, la connaissance de l'anatomie, émergeaient à Rome et que la tradition des peintres médiévaux aux Pays-Bas étaient encore dans l'actualité, comme le démontre Jérôme Bosch dans son éternelle lutte du Bien contre le Mal.

Analyse de l'œuvre

À l'époque de Jérôme Bosch, les conflits sociaux étaient à leur apogée et la religion vivait une crise profonde. Au moment où la peinture florentine crée l'esthétique de la Renaissance, la peinture flamande reste fidèle à la tradition religieuse. Mais celle-ci, par le déclin du Moyen Âge, va subir une crise fondamentale dont Bosch est le reflet.

La Nef des fous, en allant plus loin que l'aspect burlesque qu'elle dégage au premier abord, est une critique de la folie des hommes qui vivent à l'envers et perdent leurs repères religieux.

Le monde qu'il peint est un monde renversé tel qu'on le retrouve dans la vie à l'époque (mis à part les interventions d'origine imaginaire de l'artiste). Ce n'est pas la tête qui règne ici mais le ventre. Si la tête ne règne pas, c'est qu'elle est folle. Sa folie est d'adorer le ventre, sa folie est le péché. Le péché de la gourmandise ainsi que celui de la luxure étaient des vices très répandus depuis longtemps dans les monastères. Bosch nous montre donc son regard sur le monde de l'époque en critiquant les mœurs dissolues du clergé, la débauche de la vie monastique et la folie humaine cédant aux vices.

Il dénonce les vices par la folie en les attribuant à des personnages appartenant apparemment aux classes inférieures de la société. Ainsi le convive qui vomit montre la débauche de celui qui succombe aux effets de l'alcool, une cruche serait le symbole du sexe féminin ou du diable, le poisson mort sans écaille est le péché, le masque de chouette regardant la scène symbolise le démon…

La nef des fous est un terme repris aux traditions des Flandres du XVe siècle. En effet, l'œuvre de Bosch trouve aussi ses sources dans la littérature de l'époque. Publiée en 1494, La Nef des fous de Sébastien Brant accueille, dans sa nef symbolique, des fous de toutes catégories et fait défiler les faiblesses humaines. L'une de ses strophes dit : « Mieux vaut rester laïque que de mal se conduire en étant dans les ordres ». Beaucoup de similitudes existent entre ce livre et la représentation faite par Bosch. Un lien non négligeable avec L'Éloge de la folie d'Érasme est à faire. De plus, la métaphore de la barque était l'une des plus fréquentes au Moyen Âge. On la retrouve aussi dans La Barque bleue de Jacques Van Oestvoren.

Ainsi, la relation qu'établit Bosch entre « vice » et « folie » est caractéristique de la littérature du XVe. Avec ce tableau, il met en garde d'une manière burlesque la perte des valeurs ecclésiastiques, la négligence ou la folie des hommes par rapport à la religion, enfin tout ce qui règne à la fin du XVIe siècle, à l'heure du déclin du Moyen Âge.


Par David CianaDernière modification 14/08/2009 10:19

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