Le temps et la chambre
L'atelier comme un lieu de vie où l'on peint,
comme une activité liée au rythme de la maison,
des rencontres, du quotidien.
Un lieu hospitalier, polyvalent, où l'odeur de la
térébenthine se mêle à celle d'un café partagé,
où le sofa devient lit, où la réflexion et la lecture
se mélangent aux éclats de l'huile sur la palette,
où les voix de la radio couvrent la rumeur extérieure.
Un lieu refuge au cœur de la vie de la cité. Une
cellule miroir, où l'on se protège de soi-même,
des autres, des figures qui apparaissent sur la
toile, où l'on panse ses plaies en métamorphosant
ses angoisses par le fantastique.
(mon atelier)
("L'atelier" – salle du Manoir était aménagé dans une
petite pièce blanche et voûtée avec deux
fenêtres ouvertes sur la ville. Le mobilier usuel
d'une chambre était installé.
Les artistes présentaient deux facettes de leur travail :
une toiles achevée accrochée au mur et
une série de dessins au crayon posés au sol,
à consulter comme un journal intime. Feuilles de papier
en quête de portraits, esquisses éparses aux traits dépouillés,
témoins épargnés du temps qui passe, filigranes
intimes de l’œuvre ouverte.)
Joël Chervaz

